L'urine humaine, un engrais riche
Sans eau, l’urinoir Marcelle permet de collecter l’urine.
Pourquoi utiliser l’urine en agriculture ?
L’urine est riche en nutriments (azote, phosphore et potassium notamment), éléments essentiels à la croissance des plantes. Son utilisation comme fertilisant agricole permet d’assurer une agriculture soutenable, reposant sur des engrais locaux et durables, et non pas sur des engrais de synthèse, dépendants de ressources fossiles (gaz naturel, minerais). En évacuant les urines par une chasse d’eau vers les égouts, ces nutriments se retrouvent dilués dans les eaux usées. Or les systèmes d’assainissement urbains, qui traitent autant que possible les eaux usées avant leur rejet dans les cours d’eau, ne permettent qu’un faible niveau de recyclage de ces nutriments. Par ailleurs, malgré de grands progrès ces dernières décennies, l’efficacité de la collecte et des traitements des eaux usées reste limitée et l’azote et le phosphore provenant de l’urine constituent toujours une pollution importante de nos cours d’eau. Ainsi, la collecte et la valorisation de l’urine permettent de diminuer la consommation d’eau, l’intensité de traitement des eaux usées et la pression environnementale sur les rivières. En outre, l’urine – à l’inverse des matières fécales – présente très peu de risques sanitaires biologiques ce qui facilite sa collecte et son utilisation en agriculture. Les précautions sanitaires à prendre sont détaillées dans la fiche Utilisation agricole.
Quelques chiffres clés (d’après Esculier et al., 2022)
- L’urine de 1 personne pendant un an = environ 500 m² de champs fertilisés.
- 25 millions de baguettes de pain par jour pourraient être produites avec la production d’urine de toute l’Île-de-France.
- Comme le système d’assainissement de l’agglomération parisienne ne retire que 60% de l’azote des eaux usées, c’est comme si 4 millions d’habitants de l’agglomération envoyaient l’azote de leur urine dans la Seine.
- Les émissions de gaz à effet de serre liées au système alimentation-excrétion sont divisées par 3 par la collecte de l’urine et sa valorisation dans un champ à moins de 100 km.
- Sans eau, pas besoin de raccordement au réseau
- La chasse d’eau représente 20% de la consommation d’eau des foyers.
